« Ah ! » Philippe tenait un mal de crâne atroce. Un de ces maux de tête qui, une fois qu’ils vous ont pris, ne partent plus de la journée. Il aurait pris une bonne cuite la veille qu’il ne se sentirait pas beaucoup plus mal. Mais où était-il ? Il n’en avait pas la moindre idée. Il ne se rappelait pas de grand chose. A vrai dire, il aurait été incapable, si on lui avait demandé, de dire quelle était la date, et encore moins l’heure. Etait-ce le jour ou la nuit ? Il n’en avait pas non plus la moindre idée. Il lui semblait que le jour était levé, et dès que ses yeux daigneraient s’ouvrir, il le saurait, pensait-il. Finalement, l’hypothèse de la gueule de bois n’était peut-être pas aussi ridicule qu’elle lui avait paru au début. Un seul problème subsistait : Il n’était pas dans un lit, ni dans un canapé, ni même par terre dans un salon. Non, il se trouvait sur une route. Il ne pouvait la voir, mais ses mains ne lui mentaient pas, il sentait bien l’asphalte chaud. Cette sensation sur ses mains suffit à le convaincre qu’il faisait jour. Maintenant que ses membres commençaient à se réveiller, la chaleur les envahissait. Il faisait jour et l’été était là. La chaleur devenait même un peu étouffante.
« Aïe ! C’est chaud ! » La main qu’il avait posée sur le macadam ne pouvait plus supporter la température. « C’est pas possible, se dit-il, je suis en plein sur la croisette ! » Il est vrai que la chaleur devenait insoutenable sur tout son corps. « Non, sûrement pas la croisette, je n’entends personne, pensa-t-il. » Mais où pouvait-il bien être et pourquoi ne se souvenait-il de rien ?
Le mal de tête devait avoir la même cause que son amnésie partielle.
Faisant un gros effort, il chercha quels étaient ses derniers souvenirs. Il se rappelait parfaitement de la journée qu’il pensait être la veille. Angélique et lui avaient fait une grande balade en forêt l’après-midi ; ils étaient rentrés fourbus mais contents. Angélique adorait marcher, quel que soit l’endroit. Que Philippe vienne avec elle était la cerise sur le gâteau. Lui, ne le faisait souvent que pour lui faire plaisir, mais hier, il en avait pris, du plaisir. Après cela, ils avaient pris une douche ensemble et ce qui devait arriver arriva. Il se rappelait bien qu’Angélique lui avait dit qu’elle n’avait jamais pris une douche aussi longue. Son énorme sourire lorsqu’elle avait dit cette phrase resterait certainement gravé pendant un moment dans son esprit. La soirée avait continué chez des amis. En effet, ils avaient été invités et avaient passé une soirée fantastique. Ils s’étaient beaucoup amusés. Philippe avait bien bu, mais Angélique s’était proposée pour conduire et était donc restée sobre. À y réfléchir, il avait peut-être bien trop bu. Cela expliquerait son état actuel.